Je n’aurais jamais imaginé me plonger autant dans ce sujet. Pendant longtemps, j’ai considéré le cancer du côlon comme une maladie qui ne touchait que les personnes âgées. Quelque chose dont on entend parler aux informations ou qu’on lit dans la salle d’attente du médecin, mais jamais comme quelque chose qui puisse avoir un impact direct sur sa propre vie. Je ne suis ni médecin, ni scientifique, mais une femme ordinaire, une mère, une épouse, une personne qui essaie de gérer son quotidien. Et c’est pourquoi ce sujet m’a tant touchée.
Tout a commencé par une conversation entre amies. Une connaissance a mentionné, comme ça, qu’un collègue de son mari – une trentaine d’années, sportif, menant une vie saine – avait reçu un diagnostic de cancer du côlon. Personne ne s’y attendait. Pas de douleur intense, pas d’urgence. Juste des petits soucis qu’il avait négligés. Des choses dont on ne parle pas. Des choses qu’on étouffe. Et c’est là que j’ai compris à quel point ce silence est dangereux.
Depuis, je lis différemment. J’écoute plus attentivement. Et je me rends compte du nombre de signaux d’alarme que nous ignorons au quotidien, simplement parce que nous pensons être trop jeunes, trop en forme ou trop occupés pour être malades.
Pourquoi de plus en plus de jeunes sont-ils touchés ?
Les chiffres sont alarmants. Depuis les années 1990, le nombre de cas de cancer colorectal augmente dans le monde entier, notamment chez les jeunes. Aux États-Unis, en 2019, environ 20 % des patients avaient moins de 55 ans. Au Royaume-Uni, le cancer colorectal est désormais l’un des cancers les plus fréquents. Et en Allemagne, les médecins tirent également la sonnette d’alarme.
Les raisons sont multiples. Les chercheurs citent le manque d’exercice, la consommation d’aliments ultra-transformés, l’obésité, le stress chronique et l’évolution des modes de vie. Par ailleurs, les jeunes consultent moins souvent un médecin, surtout si leurs symptômes sont « gênants » ou indolores.
Et c’est ce qui le rend dangereux.
Des symptômes que beaucoup négligent
Quand on pense au cancer du côlon, on imagine souvent immédiatement des douleurs intenses ou du sang visible. Pourtant, la réalité est souvent bien plus subtile. Les médecins sont particulièrement attentifs aux changements qui se développent lentement et qui, de ce fait, sont faciles à négliger.
Les signes avant-coureurs courants comprennent :
Changements dans les selles sur une période de quelques semaines
Diarrhée ou constipation sans cause apparente
Ballonnements ou sensation de pression persistante dans l’abdomen
Fatigue et baisse des performances
Perte de poids involontaire
Du sang dans les selles
Le NHS britannique et plusieurs médecins internationaux insistent sur le fait que ces symptômes doivent être pris au sérieux, surtout s’ils sont nouveaux ou s’aggravent.
Le signe le plus négligé : la forme du tabouret.
Ce qui m’a le plus effrayé, c’est un symptôme dont presque personne ne parle. Non pas qu’il soit sans importance, mais parce qu’il est désagréable.
Plusieurs experts médicaux internationaux, notamment des oncologues et des gastro-entérologues, mettent en garde contre les selles longues, fines et en forme de crayon. Cette forme peut indiquer un rétrécissement ou une obstruction intestinale, par exemple due à une tumeur.